La queue à la « boulange »
C'est dimanche, ça fleure bon l'été. Le soleil s'est levé aux aurores, comme Roger, le boulanger qui
prépare avec soin son pain. J'ouvre ma fenêtre, la bonne odeur de pain chaud embaume ma demeure. J'habite au 3 de la rue de Cornouaille, là juste à deux pas de la boulangerie qui est sise place
de l'église. Il est onze heures, c'est l'heure de pointe à la boulangerie. La queue, petit à petit se forme à la « boulange ».Elle s'agrandit,s'allonge,plus ça va, plus il y a du monde.
Il y en a même devant ma maison. Ils sont une vingtaine à attendre dehors leur tour. Et ça parlote et ça discute. Il y a Antonin,le vieux gredin et Pierre le fidèle supporter.
-Dis donc t'as vu Guingamp a gagné!
-Ouais,mais bon,ils ont quand même mal joué.
-N'importe quoi! Ils sont les meilleurs!
-Ouais, comme ma sœur quand elle bat le beurre!
Il y a aussi Germaine,avec toujours la même rengaine.
-Il fait beau messieurs dames.
-Hé! Oui, il fait beau messieurs mesdames.
-Moi je vous le dis: il fait beau messieurs
mesdames!!
C'est son stratagème à Germaine, pour petit à petit remonter la file et resquiller ainsi deux ou trois
places.
Hélas pour elle, le petit chenapan de Fernand, tout juste dix ans, ne la laisses pas
passer.
-Dis donc,mère grand,puisqu'il fait beau,tu peux rester dehors attendre
ton tour.
-Oh! les jeunes de maintenant,pas très complaisant,voire même insolent
avec une pauvre vieille comme moi!
T'as vu ta dégaine et ta crête, petit blanc bec,on dirait mon
coq!
- Pauvre Germaine, fous ta cagoule et va manger tes graines ma poule! Si
je joues au coq, tu vas pas être déçu mère grand. Lui répond le chenapan.
La boulangère Bérengère, malgré tout le brouhaha de dehors reste impassible et garde son sourire.
- Et pour vous Marie Claire ce sera quoi?
- Je voudrais sept gâteaux de pâtisserie.
-T'as fait ton choix?
-Va pour deux éclairs au chocolat,un Paris-Brest,une religieuse,une tarte
aux fraises et deux babas aux rhum
- Allez c'est parti pour....
-Attends, je réfléchis, mets moi plutôt:deux éclairs au café,et puis tiens
à la place des babas, mets moi deux mokas et puis non,en fait, mets un baba et un moka et pour la tarte aux fraises, mets une tarte aux poires.
La Marie Claire a le don d'énerver le vieux Antonin
-Eh! Dis donc « la Marie Claire » pour le Paris Brest, tu ne
veux pas un Guingamp -Paimpol en train à vapeur, parce que là tu n'as pas pris le TGV pour les choisir tes gâteaux. Penses un peu aux autres.
- Allez , allez, Monsieur Antonin, gardez votre calme. Ce sera quoi pour
vous?
Lui demande avec gentillesse Bérengère, la boulangère.
-Heu! Moi . Je veux... Je veux... Et bien! Je veux quoi déjà? Une miche de
deux livres!Ah! Non, ce n'est pas ça.
Elle m'a dit quoi déjà l'Augustine dans sa cuisine. C'est à cause de toi
la Marie Claire. A force d'attendre,j'ai oublié ma commande.
-Eh ! Antonin, appelles la ton Augustine, lui suggère Fernand
l'enfant de dix ans.
- Comment tu veux qu'elle m'entende?Pauvre
fripon.
On habite quand même à 5 km d'ici, et en plus comme il est midi, voilà les
cloches qui sonnent à toute volée,j'aurais beau crier, elle ne m'entendra pas. Elle est sourde comme un pot mon Augustine.
- Dis, le vieux Antonin,t'as pas encore compris qu'avec
un téléphone portable c'est mieux pour appeler ton Augustine.
-Un portable, manquerais plus que ça.
Puisqu'elle veut un pain, je vais lui ramener un
pain.
Allez mets moi une baguette, elle pourra me taper
avec.
-Y a plus de baguette.
-Et bien flûte alors.
- Pas plus de flûte que de baguette.
-Va pour un petit plié coupé, et si je me suis trompé, dimanche ,c'est
elle qui viendra et on verra.
-Et bonjour Amtealty, tu mijotes quoi aujourd'hui
?
-Le bonjour Gérard,pour moi pas de cuisine aujourd'hui ,je vais au
restaurant,on va fêter la coupe de France à Guingamp.
-Salut Pierre. Dis donc ça discute dans les
rangs.
-Ouais! Au fait t'as su que la mère Renée s'en est allée et que le père
Gaston ne fait rien que de tourner en rond et de chanter toute la journée. Ses enfants vont être obligés de le placer, le pauvre homme, il est tout déboussolé.
-Tiens, voilà, Bérengère qui baisse le rideau.
La « boulange » ferme maintenant que la queue a disparue.
D'ailleurs il n'y a plus de pain ni de pâtisserie.
Elle va aller retrouver son Roger de boulanger, la boulangère
Bérengère.
Amtealty Bougnen
défi numéro 23 pour Brunô
de la communauté des croqueurs de mots
"Queue à la boulangerie"
Ecrivez un récit
sur la base du lieu, du moment, des circonstances
et des personnages suivants :
Dimanche matin l'été à 11 heures
La boulangerie place de l'église
Une longue file d'attente
la boulangère
une personne âgée essaye de resquiller
une mère de famille n'en finit plus de choisir des gâteaux
un homme envoyé par sa femme ne sait pas quel pain
acheter.
1) Choisir un narrateur parmi les personnages
ou quelqu'un d'autre dans la file d'attente.
et écrivez votre récit.
2) Vous pouvez prolonger pour les plus boulimiques
en écrivant d'autres versions
en changeant de narrateur,
de point de vue, de style , de ton
etc........
Limité à trois textes.